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«Au début du XXe siècle, les marchés publics étaient le principal canal d’approvisionnement alimentaire des villes. Situés au cœur de celle-ci, les marchés publics étaient, au-delà de leur fonction commerciale, un lieu de rencontre. Bergeron souligne d’ailleurs que « la survivance des marchés publics comme institutions économiques s’explique par l’importance des rapports socioculturels qui y sont intimement liés. En fait, c’est parce qu’ils sont avant tout des places publiques, des lieux de sociabilité urbaine, que les marchés ont survécu et qu’ils continuent à se développer sous de nouvelles formes » (Bergeron, 1992, p. 22).
Bien que fort de cette fonction sociale, les marchés publics ont connu un déclin important entre les années 1950 et 1970 causé, notamment, par l’émergence des supermarchés, l’étalement urbain, l’industrialisation de la production alimentaire et le resserrement des législations touchant la sécurité alimentaire : « on assiste peu à peu à un renversement rapide des valeurs traditionnelles qui coïncident avec l’abandon des marchés publics » (Corporation de gestion des marchés publics de Montréal, 2007).

Ainsi, en 1980, on ne retrouvait plus que trente-quatre marchés publics dans la province de Québec (Bergeron, 1992). Il faut attendre les années 1990 afin de connaître une recrudescence des marchés publics. En effet, la grande majorité des marchés publics que l’on retrouve aujourd’hui dans la province ont moins de 15 ans d’existence (voir la Figure 1). Selon les statistiques récoltées par l’Association des marchés publics du Québec (AMPQ), le nombre de marchés publics est en forte croissance depuis les cinq dernières années. Si l’on en comptait 65 en 2007, il est possible, aujourd’hui, d’en recenser près d’une centaine.

«Au Québec, le secteur de la grande distribution alimentaire est occupé principalement par trois grandes chaînes d’alimentation, Loblaws, Métro et Sobeys, qui contrôlent plus de 70 % du marché (Barrios, 2012). Ayant besoin de volumes considérables et misant sur les bas prix, il est difficile pour les producteurs du Québec d’avoir accès à ces marchés. Ainsi, plusieurs producteurs décident de miser davantage sur la qualité de leurs produits et sur la relation directe avec le consommateur afin d’écouler leur production.Cette approche a amené le Québec à connaître, depuis les dix dernières années, une prolifération d’initiatives de mise en marché qui rapprochent le consommateur du producteur, qu’on appelle des circuits courts. Le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) définit ces circuits comme faisant « intervenir au plus un intermédiaire dans la distribution entre l’entreprise de production ou de transformation et le consommateur ou la consommatrice » (MAPAQ, s.d.). En éliminant les intermédiaires dans leur mise en marché, les producteurs ont un meilleur contrôle sur leur prix et retiennent une marge plus importante sur le prix de leurs produits (Blouin, Lemay, Ashraf, Imai, & Konforti, 2009; Chiffoleau, 2010; Hérault-Fournier, 2010). De plus, le contact direct avec le consommateur permet au producteur d’avoir une meilleure connaissance de sa clientèle, mais également une meilleure reconnaissance de son métier d’agriculteur (Blouin et al., 2009; Chiffoleau, 2010; Hérault-Fournier, 2010).

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Après une première version de sa Caractérisation des marchés publics membres de l’AMPQ publiée en 2008, l’Association des Marchés publics du Québec récidive cette année. Elle présente ainsi un secteur dynamique en pleine croissance. En effet, on compte aujourd’hui près d’une centaine de marchés publics partout au Québec, dont plus de 90 sont membres de l’AMPQ. Un chiffre assez impressionnant quand on sait qu’il n’en restait plus que 34 en 1980. Néanmoins, cette tendance à la hausse s’est surtout accélérée depuis une quinzaine d’années, puisque les trois quarts des marchés publics actuels ont ouvert leurs portes il y a dix ans ou moins. De même, c’est un secteur qui évolue rapidement, avec 16 fermetures et 26 ouvertures depuis 2008, incluant l’année 2014. Une quinzaine de marchés supplémentaires ont vu le jour en 2014.

Comparée à la Caractérisation publiée en 2008, celle de cette année révèle que les marchés sont de plus en plus structurés et qu’il y a de moins en moins de fermetures. Selon Solange Fullum, directrice générale de l’AMPQ, ce succès est attribuable, entre autres choses, au fait que les marchés prennent davantage de temps pour préparer leur ouverture, et les outils que l’AMPQ met à leur disposition (ex. Guide pour le démarrage, le développement et la consolidation d’un marché publicGuide d’initiation à la vie dans un marché public) permettent d’accompagner ceux-ci efficacement.

Les données recueillies par l’AMPQ permettent donc de dresser un portrait des marchés publics au Québec et d’évaluer en partie leur succès et leurs défis. De façon assez logique, on trouve un plus grand nombre de marchés dans les régions les plus populeuses du Québec, comme la Montérégie (32,1 %), le Bas-Saint-Laurent (9,5 %) et la Capitale-Nationale (8,3 %). On remarque toutefois que la région de Montréal, qui est pourtant la plus dense, ne possède que six marchés publics (7,1 %), soit le même nombre que pour des régions comme l’Estrie ou les Laurentides selon les données de l’AMPQ. D’autre part, ces marchés sont aujourd’hui en majorité des organismes à but non lucratif ou des coopératives. D’ailleurs, on note une assez forte augmentation du nombre de coopératives puisqu’elles représentent actuellement 24 % des marchés publics contre seulement 8 % en 2008.

Le marché type actuel au Québec est généralement ouvert de juin à septembre, à raison d’une journée par semaine, notamment le samedi entre 9 h et 15 h. Toutefois, on peut noter que ce sont quand même 17 % des marchés publics qui sont ouverts à l’année, 7 jours sur 7. Ils possèdent pour la plupart moins de 20 étals, bien que dans l’ensemble, leur nombre varie entre 5 et 325. Ils sont loués en majorité par des producteurs agricoles ou des agrotransformateurs. Par ailleurs, on ne trouve aucun revendeur dans 73 % des marchés. De même, ils reçoivent moins de 450 visiteurs par jour, bien qu’un quart d’entre eux, surtout ceux situés en milieu urbain, déclarent en accueillir plus de 750 quotidiennement. Enfin, la valeur moyenne du panier d’achats s’élève à 35 $ ou moins.

Les marchés publics estiment devoir leur succès à une combinaison de facteurs, comme un emplacement central, de bonnes infrastructures ou la fidélité de la clientèle. Néanmoins, c’est avant tout le caractère social et l’ambiance conviviale des marchés publics qui s’avèrent être des atouts de taille, notamment par rapport aux supermarchés. En effet, une sortie au marché peut s’avérer une activité sociale en tant que telle, avec la famille ou les amis, et pas seulement un acte de consommation. D’ailleurs, la très grande majorité d’entre eux (88 %) organisent des animations culinaires, culturelles, familiales et même saisonnières (ex. : marchés de Noël, marchés d’hiver). De même, pouvoir rencontrer directement les producteurs permet de mieux comprendre d’où viennent les aliments et de savoir comment et par qui ils sont produits.

Malgré leur succès, les marchés publics au Québec entretiennent certaines préoccupations quant à leur développement et leur pérennité future. La première d’entre elles réside dans la difficulté de trouver de nouveaux producteurs, notamment en raison du manque de relève agricole. Or, s’ils veulent offrir aux consommateurs une sélection de produits variés et de qualité, les marchés doivent proposer davantage de marchands et de types différents. Ainsi, ils estiment qu’il y aurait plus de travail de promotion à faire auprès des producteurs pour les convaincre de vendre dans des marchés publics.

D’autre part, leur situation financière demeure également une préoccupation importante. Même si 43 % des marchés ont réussi à atteindre une certaine autonomie financière, la plupart d’entre eux demeurent dans une situation précaire et dépendent de subventions publiques. L’instabilité et la nature ponctuelle de ce type d’aide financière poussent les marchés vers l’autofinancement, ce qui se traduit dans la majorité des cas par des cotisations plus importantes demandées aux marchands. Or, il est compliqué d’augmenter ces tarifs quand l’une des difficultés principales est justement de recruter de nouveaux producteurs. Toutefois, les marchés publics demeurent optimistes puisque seulement 5 % d’entre eux déclaraient envisager un avenir incertain à long terme.

Motivations

  • Créer un lien de proximité avec le consommateur.
  • Se faire connaître et reconnaître dans son entourage commercial.
  • Maîtriser sa mise en marché.
  • Profiter de la notoriété et de l’achalandage du marché.

Avantages

  • Exige moins de manipulation par rapport aux autres modes de commercialisation.
  • Permet de diminuer le temps d’entreposage étant donné la courte période entre la récolte et la vente.
  • Assure aux  consommateurs une meilleure fraîcheur des produits en raison du court délai entre la récolte et la vente.
  • Permet de vendre des produits moins esthétiques et d’expliquer aux consommateurs qu’ils sont tout aussi bons.
  • Offre un canal de commercialisation nécessitant  peu d’investissement au départ et très bien adapté aux entreprises en démarrage.
  • Procure une rétroaction directe des consommateurs.
  • Fournit un lieu d’échange entre les commerçants.
  • Permet de se faire connaître.

Inconvénients

  • Trouver des débouchés pour les invendus.
  • Exige une activité physique éprouvante.
  • La valeur du temps exigé par la vente peut être plus grande que la valeur des ventes.
  • Nécessite parfois un temps important pour monter et démonter les étalages.
  • Contraint à des trajets et à des horaires fixes.

    Pourquoi acheter sur les marchés publics ?
    Les marchés publics offrent plusieurs avantages et impacts positifs sur la qualité de vie des gens. Effectuer nos achats dans un marché public permet de réduire notre impact environnemental, de contribuer au développement économique de la région, de manger des aliments sains et frais. De plus, les marchés dynamisent la vie de quartier où il a lieu et permettent un contact entre le producteur et le consommateur, un lien qui s’est bien souvent
    perdu au cours des années. L’AMPQ croit également à un impact important sur l’éducation par rapport aux saines habitudes alimentaires. Bref, acheter local, directement auprès du producteur, c’est consommer de façon saine et responsable, pour nous et pour les générations futures.L’impact économique des marchés publics au Québec ne sont pas négligeables. Selon une étude de l’Association des Marchés Publics du Québec (AMPQ 2011), 473,8 millions$ auraient été dépensés par les consommateurs annuellement. Les retombées directes et indirectes des marchés publics au Québec qui s’élèvent également à plusieurs millions de dollars contribueraient à l’accroissement du PIB.

    Source: www.ampq.ca


    Pourquoi l’agriculture urbaine ?

    Avec l’augmentation de l’utilisation de produits chimiques dans notre alimentation et un désir des gens de mieux s’alimenter et d’agir de façon responsable, l’agriculture en milieu urbain intéresse de plus en plus de citadins et fait l’objet de plusieurs initiatives à Montréal. Ce type d’agriculture permet des retombées attrayantes. Au point de vue environnemental, la présence de jardins améliorent la qualité de l’air et contribue à réduire les îlots de chaleur et les eaux de ruissellement. Côté économique, cultiver son propre jardin permet de réduire ses dépenses en épicerie. Finalement, les jardins embellissent notre environnement et permettent de créer des liens entre les membres de la communauté et un sentiment d’appartenance envers celle-ci.

    L’agriculture urbaine a quand même quelques limites. Les espaces cultivables en ville sont beaucoup plus restreints qu’à la campagne et certains d’entre eux peuvent être contaminés dû à la pollution. Mais il y a une solution à tout!

    Si vous êtes intéressés à vous lancer dans ce beau projet, plusieurs organismes peuvent vous aider en vous donnant des trucs et en mettant à votre disposition les ressources nécessaires. Les Éco-quartiers sont souvent aptes à vous aider, de même que l’initiative du CRAPAUD (Collectif de Recherche en Aménagement Paysager et de l’Agriculture Urbaine Durable), Agriculture Urbaine Montréal.

    Sources:
    www.agriculturemontreal.com
    www.agriurbain.ning.com
    www.crapaud.info

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ARTICLE DANS LA PRESSE 2015 SUR LES MARCHÉS AU QUEBEC

http://www.lapresse.ca/vivre/gourmand/201506/27/01-4881321-les-quebecois-fous-des-marches-publics.php

MARCHÉ PUBLIQUE ET DÉVELOPPEMENT ECONOMIQUE AU QUEBEC – ANALYSE 2009

http://www.cirano.qc.ca/pdf/publication/2009RP-02.pdf